Le rituel
Les entreprises produisent ce que l'on appelle un rapport ESG, ou plus largement un rapport extra-financier. Elles collectent des données auprès des différentes directions de l’entreprise : émissions carbone, consommation d’énergie, diversité, conditions de travail, gouvernance, achats responsables, engagements sociaux ou environnementaux. Ces informations sont consolidées, vérifiées, documentées, avant d'être intégrées dans ces rapports.
Derrière ces termes - ESG et extra-financier se trouve une même logique : rendre compte de la manière dont une entreprise agit sur des enjeux qui ne relèvent pas directement de ses résultats financiers. ESG désigne les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ; le rapport extra-financier rassemble et structure les informations permettant de rendre compte de ces dimensions, de leurs objectifs et de leurs résultats.
Pour certaines entreprises, ce reporting répond d'abord à une obligation réglementaire. En Europe, la réglementation a progressivement renforcé les exigences de transparence sur les enjeux de durabilité. Au Maroc, la circulaire de l'AMMC impose depuis 2019 un reporting ESG annuel aux émetteurs faisant appel public à l'épargne. Pour d'autres organisations, la démarche est aussi volontaire : politique RSE, engagement climat, attentes des investisseurs, exigences des clients ou volonté de démontrer concrètement les progrès réalisés.
Dans tous les cas, le principe reste le même : transformer des actions et des engagements en données vérifiables, comparables et communicables.
Ce n'est donc pas un problème de qualité. La plupart de ces rapports sont sérieux, structurés, contrôlés, parfois audités. C'est un problème d'usage : toute cette matière existe. La question est de savoir ce qu'on en fait une fois le rapport publié.