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Vos rapports extra-financiers n'atteignent pas tout le monde !

Les rapports ESG restent trop souvent des documents internes. Rembrand explique comment les transformer en récits courts, sourcés et visibles.

Le rituel

Les entreprises produisent ce que l'on appelle un rapport ESG, ou plus largement un rapport extra-financier. Elles collectent des données auprès des différentes directions de l’entreprise : émissions carbone, consommation d’énergie, diversité, conditions de travail, gouvernance, achats responsables, engagements sociaux ou environnementaux. Ces informations sont consolidées, vérifiées, documentées, avant d'être intégrées dans ces rapports.

Derrière ces termes - ESG et extra-financier se trouve une même logique : rendre compte de la manière dont une entreprise agit sur des enjeux qui ne relèvent pas directement de ses résultats financiers. ESG désigne les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ; le rapport extra-financier rassemble et structure les informations permettant de rendre compte de ces dimensions, de leurs objectifs et de leurs résultats.

Pour certaines entreprises, ce reporting répond d'abord à une obligation réglementaire. En Europe, la réglementation a progressivement renforcé les exigences de transparence sur les enjeux de durabilité. Au Maroc, la circulaire de l'AMMC impose depuis 2019 un reporting ESG annuel aux émetteurs faisant appel public à l'épargne. Pour d'autres organisations, la démarche est aussi volontaire : politique RSE, engagement climat, attentes des investisseurs, exigences des clients ou volonté de démontrer concrètement les progrès réalisés.

Dans tous les cas, le principe reste le même : transformer des actions et des engagements en données vérifiables, comparables et communicables.

Ce n'est donc pas un problème de qualité. La plupart de ces rapports sont sérieux, structurés, contrôlés, parfois audités. C'est un problème d'usage : toute cette matière existe. La question est de savoir ce qu'on en fait une fois le rapport publié.

Le paradoxe

Jamais la donnée extra-financière n'a été aussi disponible. La CSRD a industrialisé la collecte à l'échelle européenne. Au Maroc, la circulaire de l'AMMC impose depuis 2019 un reporting ESG annuel à tous les émetteurs faisant appel public à l'épargne, avec un taux de conformité formelle proche de 97 %. Les exportateurs, eux, répondent désormais aux exigences de leurs donneurs d'ordre européens, qui doivent publier les émissions de toute leur chaîne de valeur.

Et pourtant, la confiance n'a jamais été aussi basse. Selon l'enquête consommateurs 2025 de Blue Yonder, seuls 20 % des consommateurs estiment que les marques représentent fidèlement leurs initiatives de durabilité. Plus large encore : une majorité de consommateurs considère qu'au moins certaines marques pratiquent le greenwashing, et 71 % déclarent qu'ils cesseraient d'acheter à une marque qui les aurait induits en erreur sur ce terrain.

Plus de données, moins de crédit. Le rapport ESG est devenu un document de conformité que personne ne lit et que peu de gens croient.

La conséquence : le silence

Face à ce climat, beaucoup d'entreprises font un choix qui semble prudent : se taire.

Le phénomène a un nom, le greenhushing, et il est massif. L'enquête de South Pole, menée auprès de plus de 1 400 entreprises disposant d'un responsable développement durable dans douze pays et quatorze secteurs, montre que 58 % d'entre elles réduisent délibérément leur communication externe sur leurs objectifs climat, et que 18 % ne prévoient pas de communiquer du tout sur des objectifs pourtant validés scientifiquement.

Le raisonnement est compréhensible : moins on en dit, moins on s'expose. Il est aussi perdant. Une entreprise qui investit réellement et n'en dit rien laisse le récit du secteur s'écrire sans elle, y compris par ceux qui investissent moins mais communiquent mieux. Et elle prive ses propres équipes de la fierté qui vient avec.

Le vrai problème n'a jamais été le manque de données

Un rapport ESG contient tout ce qu'il faut : des engagements, des trajectoires, des résultats, des points de progrès assumés. Ce qui lui manque, c'est un récit capable de donner du sens à ces éléments, et un format capable de les faire circuler.

Un rapport s'adresse à un lecteur professionnel qui accepte de consacrer une heure à un PDF de cent pages. C'est une audience réelle, mais étroite. Toutes les autres parties prenantes d'une organisation, ses collaborateurs, ses candidats, ses clients, ses partenaires locaux, ses fournisseurs, ne liront jamais ce document. Elles ne demandent pas moins de rigueur, elles demandent un autre format.

Limiter ses performances ESG à un document écrit, c'est limiter mécaniquement son audience, et accepter de ne marquer personne.

Ce que ça change de le traiter comme un actif

L'enjeu n'est pas de résumer un rapport pour le rendre digeste. C'est de traiter ce qu'il contient comme un actif de communication à part entière, avec les mêmes exigences que n'importe quel actif : il doit être court, traçable et crédible.

Court, parce que les audiences visées ne consacreront pas une heure à ces sujets, mais deux minutes.

Traçable, parce que chaque affirmation portée dans un format grand public doit pouvoir être ramenée à une donnée du rapport. C'est précisément ce qui distingue un récit d'impact d'une opération de greenwashing : la possibilité de remonter à la source.

Crédible, parce que rien ne remplace le terrain. Une usine, une coopérative, un chantier, une équipe qui explique ce qu'elle a changé dans ses gestes quotidiens : ces éléments prouvent plus qu'une infographie.

Et la mesure de la crédibilité, contrairement à une idée répandue, ne consiste pas à ne montrer que les réussites. Une trajectoire assumée, avec ses points de retard nommés, est un signal de sincérité bien plus puissant qu'un bilan parfait.

Le pont manquant

Un rapport extra-financier ne manque pas de preuves. Il lui manque un pont vers l'émotion, le seul mécanisme qui transforme une obligation réglementaire en avantage réputationnel.

Ce pont n'est pas décoratif. Il répond à une réalité simple : les décisions de rejoindre une entreprise, de lui accorder un marché ou de lui faire confiance ne se prennent pas à la lecture d'un tableau de données. Elles se prennent sur ce que l'on comprend, et sur ce que l'on retient.

Une entreprise qui publie un rapport ESG a déjà fait le plus difficile. Il lui reste à décider si ce travail s'arrête à une obligation remplie, ou s'il devient quelque chose que ses équipes partagent, que ses clients citent et que ses candidats retiennent.

Chez Rembrand, on reprend ces rapports là où ils s'arrêtent : un récit court et sourcé, que les équipes partagent et que les clients citent. Si le sujet vous concerne, parlons-en.

Sources

  • Blue Yonder, 2025 Consumer Sustainability Survey : 20 % des consommateurs estiment que les marques représentent fidèlement leurs initiatives de durabilité.
  • South Pole, Net Zero Report (enquête auprès de plus de 1 400 entreprises, 12 pays, 14 secteurs) : 58 % réduisent leur communication climat externe, 18 % ne comptent pas communiquer sur leurs objectifs validés.
  • AMMC, circulaire relative au reporting ESG des émetteurs faisant appel public à l'épargne, 2019.

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